TROIS OUTILS POUR GAGNER DE L’OBJECTIVITÉ

Note : cet article est un extrait du livre de « SOPHIE CHICHE & MARK SAMUEL, intitulée PETIT ÉLOGE DE LA RESPONSABILITÉ, pour prendre sa vie en main et accomplir ce qui compte vraiment pour soi ». C’est donc elle (SOPHIE CHICHE) qui s’exprime dans le « je » de cet article.

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Comme c’était promis dans le dernier article, aujourd’hui je propose de découvrir les trois outils qu’il faut emporter dans votre voyage vers la conquête d’une neutralité significative.

 

  1.  LA COMPASSION

Ce chemin est celui de la compréhension. Rien  ne sert de vous accuser. Si vous aviez su comment mieux faire, vous l’auriez fait.

Ayez confiance dans le fait que la réalité présente est une formidable occasion d’apprendre. Vivre n’est pas une occupation aisée, et réalise la vie que nous souhaitions, une vie joyeuse et satisfaisante, l’est encore moins.

J’ai travaillé pendant des années comme consultant auprès d’un centre médical, qui est à mes yeux l’une des organisations que j’ai connues. La responsabilité alliée à la compassion est une caractéristique de leur fonctionnement. Lors d’une réunion des cadres, le directeur général avait annoncé qu’un dépassement de budget s’était produit sur les trois derniers mois. Au lieu de pointer un doigt accusateur sur les personnes responsables des départements impliqués dans l’augmentation  des dépenses et dans les erreurs d’analyse financière, le directeur général s’était attaché à prendre la responsabilité du problème.

« Nous ne gagnerons rien en nous rejetant la faute mutuellement, avait-il dit. D’une manière ou d’une autre, nous sommes tous responsables du problème, y compris moi. Nous devons maintenant orienter notre attention sur deux aspects : que pouvons-nous faire pour résoudre  le déséquilibre budgétaire en prenant des mesures immédiates dans chacun de nos départements ? Et que pouvons-nous faire pour apprendre de cet épisode et mettre au point de meilleurs outils prévisionnels ? »

Après cette réunion, chaque directeur a rassemblé son équipe puis est revenu avec un plan pour réduire les dépenses et augmenter la productivité. La direction n’a pas appliqué les habituelles « coupes sombres systématiques » qui auraient pu avoir un impact dramatique sur les patients et les soignants. Au contraire, elle a veillé à ce que les réductions préservent la qualité des soins et les valeurs de leur institution. Certains directeurs ont consenti à réaliser de plus grandes économies dans leurs départements afin que les services en contact avec les patients puissent maintenir un fonctionnement habituel. L’objectif était de trouver les meilleures solutions pour l’ensemble de l’organisation.

En trois mois, les finances du centre étaient équilibrées. Tout le monde avait collaboré pour résoudre la crise, ce qui avait accru le moral et la motivation des équipes. Un nouveau système de prévision financière permettant d’analyser les résultats mensuellement avait été développé.

L’engagement de ces gens à trouver des solutions et la compassion qui sous-tendait chacune de leurs actions leur ont permis de résoudre le problème. À l’issue de cette crise, ils étaient plus forts et mieux outillés qu’avant.

Cet exemple peut être transposé dans tous les contextes : conjugal, familial, social… Lorsque nous trouvons des solutions  qui conviennent à l’ensemble du système  et que nous les appliquons dans un esprit de compassion, les difficultés et les problèmes deviennent un ciment et un révélateur de notre propre force.

2. L’OUVERTURE

C’est aussi un chemin d’exploration. Soyez ouvert à des expériences que vous n’avez jamais faites au paravent. De nouveaux choix amènent des résultats différents. Si vous vous limitez à faire ce que vous avez toujours fait tout en attendant que les choses changent, vous courez le risque d’être déçu !

Les parents de Quentin, onze ans, étaient très préoccupés par leur fils. Quentin qui avait toujours eu des résultats corrects à l’école s’était mis à collectionner les mauvaises notes et à bâcler son travail. À la maison, il se débarrassait de ses devoirs le plus vite possible pour sortir jouer avec ses amis ou passer du temps devant sa console de jeux. Ses parents avaient commencé par interdire les jeux, puis les copains pendant les jours de semaine afin qu’il ait davantage « la tête au travail ». Mais rien n’avait changé.

Ils avaient commencé à vérifier systématiquement le travail scolaire de leur fils et passaient son cahier de textes au peigne fin.

Malgré ces dispositions qui lui prenaient beaucoup de temps, certaines remarques des professeurs de Quentin leur permirent bientôt de comprendre que celui-ci avait cessé de noter ses devoirs et qu’il ne faisait pas signer ses contrôles. La surveillance des parents redoubla, additionnée de sanctions et de privations de liberté. Ils  étaient inquiets, d’autant que la relation avec leur fils étaient devenue franchement morose. La maman, qui ne reconnaissait plus son petit garçon, était désespérée de savoir qu’il lui mentait. Le père était en colère et tous deux, après avoir fait la morale à leur fils  pendant plusieurs semaines, ne parvenaient plus à lui accorder leur confiance. Le dialogue était rompu, le garçon se bornait à répondre aux questions qu’on lui posait et se faisait prier pour venir à table. Le problème scolaire était doublé d’un problème relationnel à la maison. Les parents de Quentin finirent par prendre conseil auprès d’une psychologue. Comme la solution de la surveillance et des sanctions n’avait à l’évidence pas fonctionné et que les parents étaient tristes de perdre la bonne relation qu’ils avaient toujours eue avec leur fils, la psychologue leur suggéra de changer complètement de politique. Les parents étaient extrêmement sceptiques. Il leur semblait non seulement risqué, mais invraisemblable, de renoncer à la surveillance, puisque leur enfant ne semblait pas assez responsable pour se rendre compte par lui-même des effets nuisibles de son comportement. Pouvaient-ils alors le surveiller plus assidûment ? Hélas, ils étaient parvenus à la limite de ce que leur disponibilité leur permettait de faire.

Ils furent finalement d’accord pour essayer une nouvelle conduite. Ils devraient annoncer à leur fils qu’ils avaient cru bien faire en mettant en place des mesures restrictives pour lui permettre de conserver son niveau à l’école, mais qu’ils s’étaient visiblement trompés. Finalement, c’était sa vie, ses études, et bientôt il serait grand et ses parents ne pourraient plus beaucoup l’aider. Puisqu’ils préféraient, quoi qu’il en soit, conserver une bonne relation avec lui. Ils cesseraient donc de surveiller son comportement par rapport à l’école. En revanche, ils pensaient qu’il était capable de réussir s’il le voulait. Ils seraient à sa disposition pour lui donner un coup de main s’il avait des cours à rattraper ou des interrogations à préparer, mais seulement s’il le leur demandait. Les parents de Quentin et la psychologue mirent également au point certaines règles explicites sur les horaires d’utilisation des appareils audiovisuels et sur la fréquentation des cours, à partager avec Quentin. Ces messages clairement délivrés à leur garçon, les parents de Quentin s’appliquèrent (non sans douter) à respecter les consignes… À leur surprise et pour leur plus grande joie, des changements se manifestèrent rapidement. Les relations devinrent plus chaleureuses entre eux, ils trouvèrent régulièrement leur fils en train de faire ses devoirs, les professeurs ne firent plus de remarques et les bulletins suivants furent bien meilleurs.

Investiguez, soyez curieux. Regardez la situation sous des perspectives différentes. Envisagez d’autres possibilités au lieu d’imaginer toutes les raisons pour lesquelles vous allez échouer.

3. LA SINCÉRITÉ

C’est également un chemin de prise de conscience. Cherchez votre vérité. Soyez courageux. Ne faites pas semblant. Ne cherchez pas  à masquer la réalité. Gardez-vous d’exagérer. Ne censurez pas. Voyez les choses telles qu’elles sont.

Pendant la plus grande partie de ma vie, je  me suis trouvée trop grosse. Un soir, il y’a eu quelques années, j’ai réalisé que je n’étais pas complètement honnête avec-moi-même ; je ne mettais pas en pratique les outils dont nous venons de parler. En effet, je n’avais ni compassion, ni ouverture d’esprit, ni sincérité à l’égard de mon problème.

J’ai tracé trois colonnes sur une feuille. Pour augmenter ma compassion, j’ai décidé de faire une liste de mes qualités, afin de mettre en vis-à-vis mes qualités humaines et cet excès de poids.

Pour travailler sur mon ouverture d’esprit, j’ai cherché parmi les gens que je connaissais ceux qui étaient naturellement minces. J’ai appelé chacun d’eux et leur ai posé des questions. Comment faisaient-ils, que mangeaient-ils, à quoi pensaient-ils ? Leurs réponses m’ont surprise. Voici celle qui m’a le plus frappée : penser à me demander, avant de manger, comment je me sentirai après mon repas. Est-ce la même chose de manger un steak frites ou un steak avec des haricots verts ? J’ai trouvé qu’il m’était très profitable d’accepter de bonnes idées que je n’avais pas générées moi-même.

Pour affermir ma sincérité, j’ai fait une liste de ce que je savais être vrai au sujet de mon excès de poids. J’avais de plus en plus de peine à trouver des vêtements dans lesquels je me sentais bien ; j’étais  essoufflée en montant les escaliers ; je me trouvais moche ; je n’aimais pas que l’on me prenne en photo. Je ne savais pas comment résoudre le problème.

Voilà où j’en étais. Avant de pouvoir y faire quoi que ce soit, je devais regarder ma situation en face. Je devrais être sincère  et courageuse et examiner dans le détail une difficulté que j’avais occultée. Et en embrassant cette situation avec compassion-ouverture d’esprit et sincérité- j’ai découvert une sagesse, un certain courage et un réel respect de moi-même que je ne m’étais jamais reconnus.

Cette étape n’exige rien d’autre que reconnaître la réalité présent avec honnêteté. Il n’y a rien à faire. Il ne faut ni la changer, ni l’améliorer, ni même l’accepter. Seulement la voir telle qu’elle est, la regarder en face.

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